• 5 juin 2011

     

    Je me fais souvent cette réflexion : il se passe en un temps  pénétrant : des actes, pensées, situations infinies qui font le présent et nourrissent encore les légendes.

    Le bois mort que je foulais, continue depuis des années, à se mélanger à la terre et l'humus en forêts de jeunesse. Léa est dans sa cuisine et ne sait pas ce qu'elle va se faire à manger. Un autre lac en Chine vient de disparaître. Une jeune fille, brune à craquer, a fui le destin promis. Adieu parfum, harmonie, gestes câlins qui t'étaient destinés. Un fourmillement de vies me saisit lorsque je soulève la vieille branche du cerisier, coupée au printemps. Le passeur sourit encore, il compte les billets et regarde les pauvres gens changer de continent, de vie, de mort peut être. Le Rhône n'en finit pas de charrier les terres et l'amertume des siècles.

    Que fais-tu dans le noir ? Toi que j'aime, toi qui ne sais pas que j'existe, toi qui cherche déjà la voie de la lumière. Le dîner est morose. En effet, le paysan de 2011 sait qu'il ne verra pas l'aube prochaine ; ses champs si peu rentables pour le banquier et nourrissant pourtant le multiple, sont fertiles comme jamais. Le banquier est en bras de chemise, il regarde son feu de cheminée  et choisit son futur bateau. C'est facile dit-il de se  moquer du riche ou de son représentant. Le paysan choisira le grand pommier pour partir et effacer ses ardoises. Fédérer prépare sa finale. Un enfant sourit à sa mère, il sait qu'il l'aimera toute sa vie. A dix mille kilomètres de là, Jean se fait tripoter les joues par son frère qui restera encore trois ans au chômage. Paul est pourtant courageux. Il regarde la télévision et se voit bien sur une place madrilène. Il a plu cette nuit et le jardin respire comme une femme aimée à souhait.

    Ah, c'est vous docteur, on vous attendait, la planète souffre le martyr. Le vol aigu des hirondelles monte dans le ciel de Viroflay. A trois pensées d'ici, des adolescents préparent de mauvaises rencontres. Un enfant qui n'a pas encore de prénom meure de soif. Le scandale est affreux et ne fera pas la une. Le silence se cache de peur d'être pris pour témoin. Une histoire d'amour n'a pas été vécue. Deux cœurs ont succombé à la jeune raison. Des otages meurent sans fin. Qui êtes-vous ?  Son journal devient style de vie.

    L'homme écrivain ne le saura jamais. L'avis unanime de ses amis, comme quoi, il était doué, dépasse à peine la contrée de leurs  songes. L'homme a d'autres conclusions sur sa propre vie et l'état de son art. Ailleurs, un roman passe au pilon. Les mots ne seront jamais lus. Paris, des souvenirs glissent sur les quais. Pas moyen d'échapper au bonheur. Les hérons reviennent du passé.

    5 juin 2011


  • Commentaires

    1
    Dimanche 13 Janvier à 16:13

    Une belle page sur les situations diverses de tout un chacun dans ce monde agitée .De quoi méditer jusqu'à la fin de ses jours....

    Bonne semaine

    2
    JC
    Lundi 14 Janvier à 09:35

    Un très beau texte kaléidoscopique plein de vie et d'amour

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