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    L'averse tombait fort dans la cour du pont-quoi. On aurait dit que le ciel de France se déversait sur la ferme. Clément se tenait sur le porche du vestibule maugréant contre ce temps qui lui abimait ses récoltes. Simone pensait à son maîs qui serait plus difficile à couper. Eh ce jardin à la terre mouillante ne serait guère praticable pour les deux jours à venir. Les animaux étaient tous à l'abri sauf une poule assez folle courant après un lombric en mal  de sensations. Je regardais depuis l'étable, la nature prendre le dessus sur la peine des hommes. J 'aimais bien déjà la pluie. Elle te revigore, te remet à ta place ! Puis peu à peu, l'averse s'est transformé en pluie câline. Une sorte de brume s'est levée des fossés, de la prairie du pont-quoi. Les nuées se sont ouvertes, une longue flèche blanche lumineuse a ouvert les nuages. Un trou dans le ciel a fait passer un long rayon oblique ; le temps était à la vire. Quelques minutes plus tard, chacun sortit de sa cache pour reprendre pied sur la journée. Les derniers nuage se carapataient vers l'ouest sans demander leur compte. IL fallut une petite demie - heure pour que le ciel reprit sa couleur bleu azur et ne laissa l'été reprendre ses couleurs. Je sentais les odeurs de terre, de plantes s'exhaler comme une vie à se pâmer devant son point d'origine.

    la pluie

     


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    Jouissance

    Douces caresses buccales sur ma hampe

    Le froid et le chaud, tour à tour, sur ma peau,

    La plume sensuelle doucement rampe,

    les fruits exotiques, sur ma branche, plus hauts.

    Les vagues de plaisir déferlent, déferlent,

    Mille baisers suivent, dix, cent mille baisers,

    Le sourire d'amour dilate le beau merle

    Doucement s'étire pour plus s'allonger.

    Plongé dans la caverne tendrement humide,

    Le corps, devient céleste empire

    Avec pour seules lois, les règles du désir,

    Les fantasmes enveloppent l'esprit vide.

    L'ondoiement de mirages délicats

    Assurent, assurent à la passion, les mets précieux

    Qui rendent à la vie, l'attrait surchoix

    La magnificence des rêves heureux.

    Longuement, suce jusque dans mon cerveau

    L'aspiration parfaite en trémolo

    jouissance

    pour, admirable néant, dans un dernier sursaut,

    Sentir la rivière de vie couler à flots.

    Philippe

    30 mars 1984

     

     


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  • Je me souviens des courses au soleil, des rires d'Odile, Maryse et Martine, des crépuscules près des jardins parfumés. J'entends encore distinctement le tintement des chaînes aux cuisses des charlotte et Boulot, les deux chevaux de mon oncle Clément, à l'instant où leurs traits tombaient dans la cour du Pont-quoi.

    J'entends encore le Loir couler de son sang limpide et frais dans les veines du Maine, à frontière de l'Anjou..

    L'émission des racines et des ailes avec pour sujet ce doux pays m'a fait remonter les souvenirs à gros bouillons et je revis alors tous les visages aimés et j'entends encore les voix des hommes et femmes  qui bruissent encore dans les feuillages de leurs jardins ; eux qui n'ont pas oubliés les mains aimantes et les soins prodigués à leurs endroits .

    Le flot du temps s'écoule et je vous aime encore, en sonate de vie.

    sonate de vie

     


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  • Que reste--il ?

    Un doux silence. La chanson des berges endormies. La rime des coteaux. Les prés mouillés de baisers. L'aube amoureux. Les hommes aimés et les femmes aimées. Le loir et ses échanges avec les peupliers. L'affection comme sésame au monde. Il reste à oublier verbes, vaines promesses, puissances futiles, politiques mâchées, élans mercantiles... Oui il reste ma boîte à pêche que m'a offert François Debruyne, toujours vivant dans les fleuves d'origine. Ensemble je marche.

    La boîte à pêche de François.


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