•  

    Je me fais souvent cette réflexion : il se passe en un temps  pénétrant : des actes, pensées, situations infinies qui font le présent et nourrissent encore les légendes.

    Le bois mort que je foulais, continue depuis des années, à se mélanger à la terre et l'humus en forêts de jeunesse. Léa est dans sa cuisine et ne sait pas ce qu'elle va se faire à manger. Un autre lac en Chine vient de disparaître. Une jeune fille, brune à craquer, a fui le destin promis. Adieu parfum, harmonie, gestes câlins qui t'étaient destinés. Un fourmillement de vies me saisit lorsque je soulève la vieille branche du cerisier, coupée au printemps. Le passeur sourit encore, il compte les billets et regarde les pauvres gens changer de continent, de vie, de mort peut être. Le Rhône n'en finit pas de charrier les terres et l'amertume des siècles.

    Que fais-tu dans le noir ? Toi que j'aime, toi qui ne sais pas que j'existe, toi qui cherche déjà la voie de la lumière. Le dîner est morose. En effet, le paysan de 2011 sait qu'il ne verra pas l'aube prochaine ; ses champs si peu rentables pour le banquier et nourrissant pourtant le multiple, sont fertiles comme jamais. Le banquier est en bras de chemise, il regarde son feu de cheminée  et choisit son futur bateau. C'est facile dit-il de se  moquer du riche ou de son représentant. Le paysan choisira le grand pommier pour partir et effacer ses ardoises. Fédérer prépare sa finale. Un enfant sourit à sa mère, il sait qu'il l'aimera toute sa vie. A dix mille kilomètres de là, Jean se fait tripoter les joues par son frère qui restera encore trois ans au chômage. Paul est pourtant courageux. Il regarde la télévision et se voit bien sur une place madrilène. Il a plu cette nuit et le jardin respire comme une femme aimée à souhait.

    Ah, c'est vous docteur, on vous attendait, la planète souffre le martyr. Le vol aigu des hirondelles monte dans le ciel de Viroflay. A trois pensées d'ici, des adolescents préparent de mauvaises rencontres. Un enfant qui n'a pas encore de prénom meure de soif. Le scandale est affreux et ne fera pas la une. Le silence se cache de peur d'être pris pour témoin. Une histoire d'amour n'a pas été vécue. Deux cœurs ont succombé à la jeune raison. Des otages meurent sans fin. Qui êtes-vous ?  Son journal devient style de vie.

    L'homme écrivain ne le saura jamais. L'avis unanime de ses amis, comme quoi, il était doué, dépasse à peine la contrée de leurs  songes. L'homme a d'autres conclusions sur sa propre vie et l'état de son art. Ailleurs, un roman passe au pilon. Les mots ne seront jamais lus. Paris, des souvenirs glissent sur les quais. Pas moyen d'échapper au bonheur. Les hérons reviennent du passé.

    5 juin 2011


    2 commentaires
  •  

    Vivre et se laisser mourir

     

    Ne pas arriver à se faire comprendre

     

    Et pourtant entendre le monde

     

    Travailler en juste mire au point de s’enlaidir

     

    Et construire l’essentiel

     

    Oublier de dire le plaisir

     

    Et de sentir les frissons sous tes doigts

     

    Je pense à tous mes contraires

     

    Déchirures en tous sens

     

    Qu’en penses tu tendre et terrible existence ?

    Vivre et se laisser mourir

     

     


    votre commentaire
  •  

     

    Il faut de tout pour faire un monde. Il faut des mauvaises herbes pour faire un compost. Il faut de tout pour faire taire le silence. J’ai la tête en savane et mes peurs restent cachées derrière de savantes routines.

     

    J’ai des mots en réserve. Ils vont s’échapper et courir sur l’article sans volonté d’alignement. D’ailleurs la volonté s’est elle aussi échappée devant les murs qui se montent de plus en plus hauts, plus laids les uns que les autres. Il y a aussi ce « Je » qui va se promener pour faire bonne figure, entre les lignes dressées devant vos yeux, cachés eux par l’écran.

     

    Voici donc ces lambeaux d’écriture prendre la lumière le temps d’un passage, de vous admirables lecteurs, à qui je souhaite une année pleine de vie, de sens, d’amour léger, de solides partages….

     

    L’esprit a des yeux d’écureuil quand Gilbert Cesbron se penche sur son journal sans date. Ce qui sert ou plaît à l’un, l’autre le rejette. Les individus sont de bien complexes personnes. J’ai mal à mon collectif solidaire. Je me demande parfois si l’essentiel n’est pas ailleurs, ailleurs aux carrefours des beaux secrets. Combien de temps faut- il pour apprendre l’éternité ? Peut être ces pauvres au regard absent, près de Bouillon Chartier hier soir, en savaient bien plus  sur cette démesure question. Et toutes ces libertés encore riantes, le savent elles encore ?

     

    Toutes ces peurs, peur de lasser, de déjà trop deviner, de passer de vie à trépas, de savoir nos meilleurs inéluctables… La routine pour le simple seulement comme un chemin de vie.

     

    Vois -  tu encore ces brindilles allumer ton feu intérieur ? Aimer et être au présent. Sans doute trop de sirop dans mon verre, dans nos verres ! Aimer sans paraître. Continuer de jardiner en silence. Avec les canards sauvages et mes copains rouge gorge faire paix profonde et ensemble, s’unir au monde…

     

    Beaucoup de tragédiens dans le train pour St Lazare. Yahya cherche un lit. Mathieu parle du Japon. Des complicités plissent les yeux entre belles personnes aux quatre coins du wagon…

     

    Oui, j’ai vu le temps de très près : il joue avec chacun d’entre nous, à cache-cache, on lui courre après, il courre après nous et nous dépasse. Certains tombent et se relèvent ; d’autres se couchent alors et s’éteignent près de ceux qui restent encore debout.

     

    Des larmes de pluie se cognent aux carreaux. Il se dégage comme une brume humaine qui cherche sa route…

     

    Ensemble et Bonne Année 2019

    Il faut de tout pour faire un monde

     

     


    1 commentaire
  •  

     

    Carrefours

     

    Au carrefour de la vie, de la mort, les humains se croisent.

     

    La Terre, tout à notre destin, attend les belles et sages décisions.

     

    Alors j’espère que les moratoires, les inflexions, la parole donnée,

     

    Les universels amours, les échanges, les pardons, la vie à venir

     

    Tout ce qui rapproche les êtres, l’amour consolideront la fraternité

     

    la paix et une sage et tolérante évolution.

    carrefours (texte novembre 2015)

     


    votre commentaire
  • Quand tout est urgence, quand les urgences climatiques, sociales, économiques, journalistiques prennent le pas  sur la mesure, le sang froid, la bonne distance, alors il est temps de se mettre à la table de la sagesse. Philosophia, en grec, c'est l'amour de la sagesse.

    Reposons nous les questions : comment vivre , Comment vivre ensemble ? Qu'est ce que la vie bonne ? Comment mieux aimer la vie ? Quelle est ma sagesse ? Quelle est notre sagesse ?

    Comme Héraclite disait " Bien penser : la qualité suprême ; et la sagesse : dire le vrai et agir suivant la nature, à l'écoute. Phrase qui pourrait faire l'objet d'une question de société.

    Comme le dit notre ami corse, savoir reconnaître ses réels besoins et apprécier simplement les véritables joies.

     Peut être ne pas oublier de rappeler à chacun  quel qui soit : Connais-toi toi-même. Socrate a toujours du bon.

     

    Qu'est ce qui peut nous guider ? une seule chose la philosophie.

     

    Bonne nuitée et prenons plaisir à penser.

     

    prendre de la distance

    huile de Rinat Animaev


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique