• vol

    au-dessus

    du grand bassin

    regarder

    fait grand bien.

     


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  • reflets

    des âmes voyageuses

    le cormoran sèche ses plumes au soleil de février

    Versailles songeuse

    prête ses charmes

    aux douces heures oubliées


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    Il n’était point d’avis dans tout chemin

     

    En pays de la galaxie numéris

     

    Qu’un autre sur lui ne dévisse.

     

     

    Amours vrais ou faux

     

    Sciences, faits de société

     

    Ou tout autre sujet déguisé

     

    Sur belle place ou échafaud

     

    Se colorait de rouge, de jaune

     

    Ou de toute teinte même ocre

     

    Pourvu que ça crie, que ça choque

     

    Que les branches de l’aulne

     

    Ploient sous leurs conseils avertis

     

    Et aux défendeurs, la juste reconnaissance

     

    Des loups, des renards, des moutons et brebis de France

     

    Qui hantent les granges et les ministères pour la vie.

     

     

    Qu’importe d’où vient le conseil

     

    Qu’importe le nombre qui aime

     

    Un jour, un autre dilemme

     

    Prendra soin de se tirer les oreilles.

    En pays de la galaxie numéris

     

     

     


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    Ils montèrent sur les toits et perdirent de vue la terre. L’homme au gilet jaune suivit de ses yeux noirs, le vol de canards sauvages. Les autres disaient qu’il s’agissait d’oies cendrées. Bien plus bas, le soleil rentrait ses derniers rayons dans son cabas. On sentait dans l’air comment la folie avait pris possession de toutes les particules vivantes. Le plus jeune de la bande avait abandonné l’écriture et ses illusions. C’était celui qui faisait le moins de bruit en marchant sur les tuiles. L’ami photographe au pull gris souris était le moins doué pour l’escalade nocturne. Sa sacoche de cuir lui cisaillait les chairs de sa hanche gauche. Je veux bien faire une pause dit la femme d’une quarantaine d’années. La lune peut bien attendre un peu avant de s’éclipser. L’ado aux cheveux vagabonds tirait le groupe toujours plus loin. Juste sous eux, au dernier étage de l’immeuble, rue Sainte- Croix, un homme terminait de saisir sa déclaration d’impôts sur ses maigres revenus. Il n’entendait pas les tuiles qui se décrochaient et s’écrasaient près de l’étal de l’écailler. Une fenêtre se ferma. Paris défendait les derniers interdits. Une pièce de deux euros glissa de la poche du contemplatif resté assis sur le chien assis – Ca fera la joie d’un passant se dit-il en pensant aussi que ca aurait pu servir aussi à un  parcmètre avide de Vinci…

    sur les toits


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    Je me fais souvent cette réflexion : il se passe en un temps  pénétrant : des actes, pensées, situations infinies qui font le présent et nourrissent encore les légendes.

    Le bois mort que je foulais, continue depuis des années, à se mélanger à la terre et l'humus en forêts de jeunesse. Léa est dans sa cuisine et ne sait pas ce qu'elle va se faire à manger. Un autre lac en Chine vient de disparaître. Une jeune fille, brune à craquer, a fui le destin promis. Adieu parfum, harmonie, gestes câlins qui t'étaient destinés. Un fourmillement de vies me saisit lorsque je soulève la vieille branche du cerisier, coupée au printemps. Le passeur sourit encore, il compte les billets et regarde les pauvres gens changer de continent, de vie, de mort peut être. Le Rhône n'en finit pas de charrier les terres et l'amertume des siècles.

    Que fais-tu dans le noir ? Toi que j'aime, toi qui ne sais pas que j'existe, toi qui cherche déjà la voie de la lumière. Le dîner est morose. En effet, le paysan de 2011 sait qu'il ne verra pas l'aube prochaine ; ses champs si peu rentables pour le banquier et nourrissant pourtant le multiple, sont fertiles comme jamais. Le banquier est en bras de chemise, il regarde son feu de cheminée  et choisit son futur bateau. C'est facile dit-il de se  moquer du riche ou de son représentant. Le paysan choisira le grand pommier pour partir et effacer ses ardoises. Fédérer prépare sa finale. Un enfant sourit à sa mère, il sait qu'il l'aimera toute sa vie. A dix mille kilomètres de là, Jean se fait tripoter les joues par son frère qui restera encore trois ans au chômage. Paul est pourtant courageux. Il regarde la télévision et se voit bien sur une place madrilène. Il a plu cette nuit et le jardin respire comme une femme aimée à souhait.

    Ah, c'est vous docteur, on vous attendait, la planète souffre le martyr. Le vol aigu des hirondelles monte dans le ciel de Viroflay. A trois pensées d'ici, des adolescents préparent de mauvaises rencontres. Un enfant qui n'a pas encore de prénom meure de soif. Le scandale est affreux et ne fera pas la une. Le silence se cache de peur d'être pris pour témoin. Une histoire d'amour n'a pas été vécue. Deux cœurs ont succombé à la jeune raison. Des otages meurent sans fin. Qui êtes-vous ?  Son journal devient style de vie.

    L'homme écrivain ne le saura jamais. L'avis unanime de ses amis, comme quoi, il était doué, dépasse à peine la contrée de leurs  songes. L'homme a d'autres conclusions sur sa propre vie et l'état de son art. Ailleurs, un roman passe au pilon. Les mots ne seront jamais lus. Paris, des souvenirs glissent sur les quais. Pas moyen d'échapper au bonheur. Les hérons reviennent du passé.

    5 juin 2011


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