• Le chant des oiseaux (Chateaubriand)

     Le chant des oiseaux.

     

    La nature a ses temps de solennité pour lesquels elle convoque ses musiciens. On voit accourir de savants artistes avec des sonates  merveilleuses ; de vagabonds troubadours qui ne savent chanter que des ballades à refrain, des pèlerins qui répètent mille fois les couplets de leurs longs cantiques. Le loriot siffle, l’hirondelle gazouille, le ramier gémit ; enfin le rouge – gorge dit sa petite chanson.

     

    Mais le rossignol dédaigne de perdre sa voix au milieu de cette symphonie : il attend l’heure du recueillement et du repos. Lorsque les premiers silences de la nuit et les derniers murmures du jour luttent sur les coteaux, au bord des fleuves, dans les bois et dans les vallées ; lorsque les forêts se taisent par degrés, que pas une feuille ne soupire, que l’oreille de l’homme est attentive, le premier chantre de la création entonne ses hymnes à l’Eternel.

     

    Le chant des oiseaux (Chateaubriand)

    D’abord il frappe l’écho des brillants éclats de plaisir ; il saute du grave à l’aigu, du doux au fort ; il fait des pauses : il est lent, il est vif. Tout à coup, la voix tombe, l’oiseau se tait. Il recommence. Que ses  accents sont changés ! Tantôt ce sont des modulations languissantes, quoique variées : tantôt c’est un air un peu monotone, comme celui de ces vieilles romances françaises, chefs- d’œuvres de simplicité et de mélancolie. Son chant est aussi souvent la marque de la tristesse que de la joie. Le musicien ne fait que de changer de clef, et la cantate du plaisir est devenue la complainte de la douleur.

     

     

     


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