• " Sur les yeux clos des ères, les cernes de la terre.

    Remords du feu. Pleurs et fleurs

    des silices aux calices des laves.

    Méandres de la mémoire éteinte des volcans.

    Ocelles. Ocelles irisés.

    Du temps qui nous regarde."

     

    photo personnelle : Mareil sur Loir


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  • En attendant les résultats du labo, je lis " A l'orée du pays fertile", un livre emprunté à la bibliothèque. C'est vrai que la poésie est au début des choses. Moi aussi, jeune dans le pays de Loir, sensible déjà, sensibilité revendiquée toujours, je me faisais des joies rien qu'à marcher, discuter avec les grands, me cacher dans les coins de la ferme et observer tout ce qui bougeait ou non. Je regarde  et contemple toujours autant, jusqu'à ce que la corneille se soit enfuie dans l'autre jardin. Je me réfugie  aussi dans le tilleul du Pontquoi et dans le chêne de fausses reposes. J'aime l'action surtout quand elle se pare de mots qui 'accompagnent au sang riche d'énergie. Ces mots qui nous font et nous portent. Ces mots qui font le monde et la mer. Coureur d'horizons et de lignes d'encre

    Jacques Laccarière - A l'orée du pays fertile - mes extractions

    je me fais terre et poussière.

    Ensemble


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  •  

    Bernard Clavel est mort. J’apprends son départ, derrière  les grands arbres, 

    Merde.

    On bosse et on  ne voit pas l’essentiel.

    Pleins de souvenirs. La forêt, les arbres, la neige, le vent, le père qui cherche sa fille toute sa vie, des métiers, des histoires d’hommes. Je cherche alors un livre, lu en une seule nuit. Il tombe enfin sur le bureau «  pirates du Rhône ». B Clavel sait raconter l’eau comme Maurice Genevoix. Je lis son nom et alors la nature prend la plume. Vois  tu cette terre qui se mêle à l’eau. Ses paroles qui reviennent : "la nature n’a pas digéré les travaux des hommes , et cette phrase : "chaque homme dépend du fleuve".

    Nous avons tous notre fleuve.

    N’est ce pas Sylvia ?

     

    "Je revois les fossés étroits qui se faufilent entre les arbres."

    Tiens un promeneur s’arrête et renonce. Les ronces sont trop fortes. Ce fleuve disait "tu fais le pays. "L’homme des îles tient toujours le lecteur en haleine. J’avais oublié ces marches usées, ces merveilleuses pages qui disent le silence bienveillant, ce bruit de la chaîne qui tinte sur les roches. Et ce passeur, l’as-tu vu de la -haut ?  Tu vois mieux, c’est bien ainsi. Au dessus des grands arbres bleus, tu vois et tu entends nos visages qui pleurent. Le souffle frais passe en ton nouveau pays.

     

    Vois  tu notre barque aller droit vers toi ? Nous qui avons à relever les flambeaux et les lever au ciel pour éclairer la route de nos enfants. Dieu que vous êtes nombreux à nous quitter en ce moment, vous vous êtes donnés le mot !

    J'actualise : "Prince qui se fait la tire"

    C’est alors grand signe de vigilance. Oh l’homme des îles torse nu, pieds nus, ses jambes de pantalon retroussées jusqu’à mi-mollet va se recueillir sur la berge retournée sur tes souvenirs. Tu as suivi une belle route. Des tiges mortes craquent comme une poignée de sarments qui flambe. Un fourmillement de vie  écrivais- tu !

    La vie de la terre s’arrête et te salue. Et ces amours qui se serrent l’un contre l’autre pour se rappeler qu’ils restent toujours entier malgré leurs rides et les vivants qui passent sur l’autre berge.  

    Le passeur s’éloigne et te laisse à ta nouvelle vie.

    Demain marcherons dans la forêt.

    nota ; j'ai perdu ce matin un texte de 2 heures d'écriture - parti à Dame

    Bernard Clavel  et pensées pour Sylvia (ancien texte jamais publié) un peu actualisé

     

     


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