•  

    Mer, douceur automnale, iles baignées de lumière, voile diaphane de petite pluie fine qui couvrait l’immortelle nudité de la Grèce. Heureux, pensai-je, l’homme à qui il a été donné, avant de mourir, de naviguer dans la mer égéenne.

     

    Nombreuses sont les joies de ce monde – les femmes, les fruits, les idées. Mais fendre cette mer-là, par un tendre automne, en murmurant le nom de chaque île, je crois qu’il n’est pas de joie qui, davantage, plonge le cœur de l’homme dans le Paradis. Nulle part ailleurs on ne passe aussi sereinement ni plus aisément de la réalité au rêve. Les frontières s’amenuisent et des mâts du plus vétuste des bateaux s’élancent rameaux et grappes. On dirait qu’ici, en Grèce, le miracle est la fleur inévitable de la nécessité.

     

    Vers midi, la pluie avait cessé, le soleil déchira les nuages, se montra doux, tendre, tout frais lavé, et caressa de ses rayons les eaux et les terres bien-aimées. Je me tenais à la proue et, jusqu’au fond de l’horizon, je m’enivrais du miracle.

    Mer, douceur automnale - Alexis Zorba - Nikos Kazantzaki

     


    1 commentaire
  • Je voyage jusqu'à l'horizon

    où tu m'attends infiniment

    chaque pas me rapproche

    de toi, au cœur des saisons

    Le silence éclaircit le néant

    la vie jaillit d'une source

    à deux pas de l'endroit

    où tu m'as donné un baiser

    depuis glissé dans ma poche.

     

    Je voyage en première inconnue

    jusqu'à oublier

    que je suis seul à comprendre

    ce qui m'est advenu

    qu'importe, poussière

    est une belle fin

    esprit et âme, devenus.

    Je voyage


    votre commentaire
  • J’écris sous la dictée d’un orage tournoyant sous mon toit d’ardoise, ma caverne. L’orage parfois s’éloigne, boudeur, puis revient de toute sa rage. Il pleuviote et puis soudain c’est le flot égrené de percussions subtiles qui dessinent la toiture entière. Maintenant c’est un roulement comme un avion perdu, emporté par un vent de tempête. La lumière clignote, le téléphone tinte. Le tonnerre reprend de partout, ne finit pas les coups qu’il annonce, orchestre affairé. Puis, il roule, creusant la nuit comme s’il se calmait. La pluie reprend sa grenaille, le tonnerre emplit le ciel gigantesque. La pluie, à flot de cascade, coup de canon, lumière brisée. Entrevues par une lucarne, des zébrures bleuâtres qui partagent le ciel et vont fendre la terre. L’orage roule, sa férocité diminue, quelques griffures encore de la bête bleue qui envahissent l’espace, lui offrant une lumière de mort qui le pétrifie.


    1 commentaire
  • C'est une nouvelle rubrique qui va me permettre de retrouver  des textes plaisant à relire et aussi à écrire, tranquillement, comme on déguste son petit café  noir, au matin venu.

    textes ou lectures choisis


    1 commentaire
  •  

     

    Sédentaire,

     

    définitive nomade

      

    Tout en ligne d’horizon

     

    autre féminine compagne.

     

     

    Sédentaire,

     

    en creux de souvenirs,

     

      

     nos devenirs,

     

     les mots s'accrochent

     

    Au marbre du temps.

     

      

    Nous voilà,

     

    quelques instants

     

    frissonnants

     

      

    Les mots comme porte-voix

     

     

    Les silences entre nos lectures croisées.

     

    à faire livre de soi

     

     

    Vos visages ne me sont pas inconnus

     

    sans connaître vos traits

     

    je vous devine régner sur vos empires

     

    jeunes contrées.

     

     

    Participons de cette vie

     

    A fleuve d’encre

     

    engagements réciproques.

     

    L’écriture rend compte

     


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires