Pour Cesbron, le monde est une blessure ouverte. Pour un autre, une chance sur l’échiquier du néant. Pour un passant sous ma fenêtre, une ouverture sur l’univers. Pour beaucoup, une planisphère. Jean jure que c’est le support de notre destin. Paul n’en...
Le ciel emporte la douleur Le chagrin reste sur terre L’hiver joue ses dernières cartes Un navire est pris dans les glaces de ta mémoire On s’est levé ce dimanche, plein d’entrain La femme s’est échappée d’elle-même Et je la vois marcher entre deux fugitifs...
Je me fais souvent cette réflexion : il se passe en un temps pénétrant : des actes, pensées, situations infinies qui font le présent et nourrissent encore les légendes. Le bois mort que je foulais, continue depuis des années, à se mélanger à la terre...
Il avait un livre sous le bras. Jamais le même. Celui-ci dégageait une odeur particulière. Il allait dans sa chambre faire provisions de sensations. Il l'avait acheté sous un porche garni de la rue Lévy. Les yeux fermés, il sentait le papier imprégné....
Vivre et se laisser mourir Ne pas arriver à se faire comprendre Et pourtant entendre le monde Travailler en juste mire au point de s’enlaidir Et construire l’essentiel Oublier de dire le plaisir Et de sentir les frissons sous tes doigts Je pense à tous...
Poème sur la jeunesse La jeunesse n’est pas une période de la vie, elle est un état d’esprit, un effet de la volonté, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’effort sur l’amour du confort. On ne devient pas vieux pour...
Le chant des oiseaux. La nature a ses temps de solennité pour lesquels elle convoque ses musiciens. On voit accourir de savants artistes avec des sonates merveilleuses ; de vagabonds troubadours qui ne savent chanter que des ballades à refrain, des pèlerins...
Il faut de tout pour faire un monde. Il faut des mauvaises herbes pour faire un compost. Il faut de tout pour faire taire le silence. J’ai la tête en savane et mes peurs restent cachées derrière de savantes routines. J’ai des mots en réserve. Ils vont...
Peu à peu, les peuples se regardent. Les guerres caméléons cependant s’étendent avec des visages et des masques terrifiants. Les bêtes enclines au combat rôdent, attaquent, déchirent, et se sauvent dans les faubourgs et les forêts souvent mal entretenues....
Les terres mêlées. Le jardin pousse à l’universel. La terre de Bonnières et de Marcel Sembat se mêlent à celles des jardiniers du roi Soleil. Les terres de Porcheville et de Viroflay font bonnes couleurs entre elles. Orgeval, Igny, et plaines d’alentour...
Le lis oriental. Il en a fallut du temps pour que cette fleur se pare de sa robe fuchsia. Hyacinthos, à sa vue, en demeure encore interdit. Ne vous avisez pas de la cueillir, Perséphone, pour sa part en est restée en monde souterrain. J’imagine toutes...
Carrefours Au carrefour de la vie, de la mort, les humains se croisent. La Terre, tout à notre destin, attend les belles et sages décisions. Alors j’espère que les moratoires, les inflexions, la parole donnée, Les universels amours, les échanges, les...
Les livres sont sauvés de la pluie et de l'oubli. Le temps peut reprendre son cours. Les cendres de nos souvenirs vont rejoindre l’éternelle question. Le ciel se déchire à présent et la lumière s’engouffre dans mon âme. La vie et la mort se jouent de...
Que de routes possibles. Aller plus loin, aller jusqu'au bout de soi, jusqu'au bout de ses peurs, de ses doutes, de ses certitudes. Aller à travers les masques du temps, les savantes caresses, les yeux plantés dans d'autres yeux, se faire véhiculer par...
Entreprendre le voyage en bon sacrilège sédentaire. Laisser l’ozone tranquille et faire son trou au seuil de son plus bel intérieur. Atteindre les sommets tibétains au niveau de sa mer intérieure. Sous le phare de son bureau, à l’entrée de sa cabane de...
Je ne sais pas si la beauté sauvera le monde. « Dosto » mais je l’espère, car quelque part l’art rend vertueux. L’art de vie semble être un noble chemin. Ainsi le poète laisse des traces et non des preuves. Oui, l’ami Char me taquine depuis quelques années...
Je vous demande pardon. Quelle mouche l’avait piqué pour qu’il se lève aussi tôt. Quatre petits mots l’avaient réveillé : Comme un besoin impérieux, qui n’attend plus. Comme un pardon d’un peuple à un autre, d’un homme à un homme, d’un homme à toutes...
Les paroles me manquent pour dire à quel point m’émeut l’inexprimable accueil que me fait le généreux peuple de Paris. Citoyens, j’avais dit : Le jour où la république rentrera, je rentrerai. Me voici. Deux grandes choses m’appellent. La première, la...
La sagesse est une vigne aux pampres charmants. Avec mes quatre pieds plantés, l’automne dernier, j’espère dans mon petit carré, faire que son symbole s’étende à chaque âme humaine. Le pied devant la maison courtise le grand rosier rouge. Il ne fera sans...
Le soleil disparaît. Une ombre vertigineuse quitte ses frais et doux souvenirs. Le parfum est le seul témoin de l’impossible et bleu admirable. Les amours se meurent un à un. Le soleil disparaît. Ces deux là savent que la vie a ses lois propres et invisibles,...
Comme une femme à son bras, quand Rome éclaire sa plaine, à nos yeux parisiens Du ciel aux ruines, fumantes encore à nos jeunes âmes, je pense à vous… Ces photographies perdues en ton sein, Panthéon, j’ai retrouvé présent souvenir Hors de moi, j’ai perdu...
L'homme a constaté qu'il existe plusieurs sortes, plusieurs formes d'êtres, distinguant ainsi le règne minéral, le règne végétal, puis animal, et enfin l'être humain. Les biologistes en considérant que seule la nature fixe les caractéristiques d'un être...
Quand tout est urgence, quand les urgences climatiques, sociales, économiques, journalistiques prennent le pas sur la mesure, le sang froid, la bonne distance, alors il est temps de se mettre à la table de la sagesse. Philosophia, en grec, c'est l'amour...
Ils vivent. C’est l’hiver avec ces grands bras aux arbres qui tombent sur la chaussée. Des mains et des doigts coupés tombent dans des paniers fabriqués par des enfants. Le spectacle de la mort et des révoltes me glace. L’écriture, ma sœur semble me protéger....
Avant le naufrage, les petites fins crient victoire. Le bras lâche et crée l’handicap sans donner son nom. La mémoire se fait la malle et part pour les Indes perdues. Le monde et la foule fatiguent, seul le jardin fait rempart - comme la dernière église...