• une seule prune

     

     

    Une seule prune. Certes. En la croquant doucement, il me revient en mémoire, les prunes du pontquoi, du père Lebouc, au détour de la route, croquées, avec la laitière à la main, au soir venu. Reviennent sans effort les images d’été à la ferme. Les ombres du temps laissent place au clair d’été et aux saveurs sucrées. Je revois le grand hangar noir passé au goudron et les bottes de foin où Martine dansait sans se soucier de la poussière ni des temps à venir. Je sens encore la douce pénombre où les outils luisaient seulement et les liasses de ficelle danser sous nos yeux et nous inviter à faire pareillement. Je sens encore la manivelle de la grosse meule où l’eau fraiche montait se briser sur le fer de la faux et des grands couteaux de paysan… cinquante été plus tard la saveur de la prune s’installe au palais et à l’esprit et la ronde de ce fruit dégusté emporte ma mémoire dans les vergers aimés du soleil.

     


  • Commentaires

    1
    Dimanche 9 Décembre à 15:53

    Ces souvenirs d'enfance ancrés au profond de nos neurones...

    Bon dimanche.

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